Maîtrise d’œuvre Kawaii architecture (Sandrine Puech, Manuel Savoy) / Ferpect (Florent Biais, Jérémie Koempgen) / Lucien Puech architecte / Sempervirens paysagistes Maîtrise d’ouvrage CPH City and Port Development Lieu Copenhague, Danemark Statut concours international Surface 200 ha
Copenhague souhaite transformer son ancien port industriel en un nouveau quartier écologiquement exemplaire, en relation avec la conférence internationale de l’ONU prévue en 2009.
Notre point de départ pour ce renouveau ambitieux est de cultiver les qualités et énergies existantes du lieu pour les révéler.
Nous considérons l’ensemble du site, avec ses docks, ses bassins, et ses larges nefs industrielles, comme un substrat de départ. De la même manière que dans la nature, un nouvel écosystème se crée et se nourrit de l’ancien, le site tel qu’il est aujourd’hui sera graduellement colonisé par un nouvel environnement, qui peut s’assimiler à un biotope. Il s’agit de mettre en place un processus de colonisation, par la digestion du site existant, une anti tabula rasa.
Nous conservons les entrepôts existants et les intégrons dans le nouveau schéma urbain. Leurs structures modulaires et leurs larges dimensions permettent leur transformation pour une diversité d’usages, par l’ajout de jardins d’hiver, de nouveaux planchers…
Les sols industriels sont dépollués par phytoremédiation qui permet de mettre en place un nouvel écosystème, et la recolonisation progressive de ce territoire par le végétal. Ce processus se fait en complémentarité de la réalisation des infrastructures de transports et d’énergie.
Nous mettons à profit l’alternance de quais et de darses pour développer des réseaux doubles sur terre et sur l’eau, avec la création de canaux qui relient les bassins entre eux, comme des rues reliant des avenues.
Dans un second temps, à moyen ou long terme, les canaux, rues maritimes couplées à des rues terrestres, se poursuivent en extension vers le large, et sont le réseau structurant la création progressive de terrains flottants gagnés sur la mer, formant une vraie cité lacustre.
Nous mettons en place une organisation par maillages imbriqués, pour éviter la saturation des réseaux et démultiplier les possibilités de transports doux, batobus, vélo, métro, en réduisant la place du transport individuel motorisé.
Cette structure flexible et évolutive est inspirée des systèmes de croissance végétaux et organiques. Elle va de pair avec une densité et une mixité reparties, non zonées, avec des mini noyaux pour favoriser les échanges locaux à chaque échelle (bâtiment, îlot, quartier). Cette imbrication des échelles permet d’optimiser la distribution et la répartition des ressources et des activités, afin de garantir une sorte d’auto suffisance à chaque niveau.
Le territoire n’est cependant pas homogène, la variété des lieux, des implantations et des orientations permet la diversité des événements et leur attractivité :
Les darses industrielles sont réinvesties en bassins tournés vers les loisirs et le bien-être ; sur les docks orientés au sud, des plages ensoleillées sont complétées par des micros îles, support d’activités ; les sorties de métro sont marquées par des collines végétales support d’équipements ; la diversité des typologies permet différentes sortes d’habiter face à la mer, le long des canaux, ou sur les territoires flottants bâtis en extension sur la mer ; une nouvelle centralité est bâtie autour du nouveau pôle maritime, zone de débarquement pour les ferries de voyageurs…
Nous conservons à chaque échelle des espaces supplémentaires non affectés, disponibles pour la communauté, ou pour des activités futures : la non saturation du bâti comme variable d’ajustement.
Un modèle d’organisation de type fractal fondé par l’économie de déplacements et d’énergie par dématérialisation des échanges : l’informatique rejoint l’organique.
Les constructions, les réseaux et les sources d’énergie sont entrelacés dans une nouvelle sorte de biotope, un artefact qui est à la fois paysage naturel et environnement construit, un urbanisme non figé.
Ces propositions dessinent un modèle de ville complexe inspiré à la fois de structures organiques et informatiques, un système qui comporte une part d’autonomie, d’inachevé et d’inconnu, afin d’atteindre une adaptabilité et de durer dans le temps.
Conversion du port industriel de Copenhague en éco-quartier
2008 / Quartier de Nordhavnen, Copenhague
